03/07/2015

Etape 6 : Kaltern-Trento 126 kkm, 2200 D+

C’est la sixième étape, et c’est le jour des patates.

Nous avons passé notre traditionnelle soirée à l’hôtel Andergassen à Kaltern. Habituellement c’est la vieille de l’arrivée et on lâche déjà un peu la bride, mais cette année, on n’en pas encore fini, ce n’est que le début de la fin et demain nous serons à Trento. Entre les deux, il y a une étape, sous le cagnard, de 126 km et 2000 de D+. Donc on continue dans la retenue. Comme d’habitude, le réseau wi-fi est merdique, comme toujours, l’hôtel est situé sur les sommets et y arriver n’est pas aisé. Heureusement le chemin est borduré de quelques fontaines.

Réveil dans un soleil déjà chauffant. Petit déjeuner où Pierre analyse le parcours à la lettre, il veut se faire l’étape. Les autres plaisantent et seul Francis maugrée et fais la soupe à la grimace. Ses douleurs sont réapparues sans explication franche. Certains journalistes émettent des réserves et pensent que c’est pas normal ni super, ils disent que les bronches, dilatées par des produits illicites, froissent les côtes de l’intérieur.

Quoiqu’il en soit, nous rejoignons nos blocs respectifs, c’est-à-dire le B sauf les vieux, qui logent dans le C et le début du D. De là, le cheval de trait gaumais et sa pouliche borquine regardent les jeunes qui ne parviennent pas à faire mieux qu’eux en 2008 (101ième quand même).

Pan c’est parti pour 7 km neutralisé et 33 de descente. Phil2 en profite pour déchirer son pneu. La voiture d’assistance proche lui prêtera une roue et lui rendra la sienne, réparée, au premier ravito, c’est du bon boulot, il ne perdra que quelques minutes et un ou deux groupes. Au pied de la descente, c’est la première patate, 4 km à du 10% avec des replats, des relances et des coups de cul, sur les intersections, entre les vignes, on voit des ruelles avec des rampes à du 40% !! on est bien surpris de part de l’organisation de nous éviter ces troieries.. Francis se redresse mais ne peut s’empêcher de crier en voyant ses copains de derrière passer devant. Heureusement, se faufilant dans le premier ravito, il reprendra de la superbe. Au sommet de cette vacherie, du faux-plat bien trop copieux pour arriver vers le 65ième km au pied de la deuxième vacherie, qui se compose de 2 patates de 3, 4km avec des rampes à du 15 %, ah bon dieu…Il faut s’arracher pour y parvenir, Certains emploient la technique arvilloise du zig-zag continu, d’autres montent dans l’ombre à gauche de la route, bref il y  en a partout. Heureusement le gros chinois, à la Mercedes blanche est à son poste, à 2 km du sommet, avec du Rammstein à fond, il offre à qui le veux, de l’eau, sur la tête ou dans le bidon, du coca dans le bidon uniquement et même du Red Bull. Il est là tous les jours, chaque année depuis 3 ou 4 ans. On le remercie ici de la part de toute la procession multicolore.

Passé le col de Redebus, tel est son nom, on retombe dans le terrain des descendeurs pour 20 pions et on reprend la route du Vigollo Vattaro, la dernière petite du jour, 4 km, avec une rampe à du 8 pendant les deux premiers, vive les patates sautées. A son sommet, Thomas injurie le soleil et la chaleur qui ralentissent sa progression. Seigneur, il ne savait pas ce qu’il faisait… Mais les suivants ont vu l’astre se cacher derrière de gros nuages gris. Il reste10 km de descente chronométré, puis c’est l’entrée dans cette magnifique ville qu’est Trento. C’est donc hors course, que Riccardo, déconcentré, embouti une fiat 500, conduite par la mamma. Roule voilée, égratignures diverses et douleurs au poignet.  Toute l’équipe, en attendant le vieux docteur, put lui répéter à l’envi le vieil adage : En Route, comme en VTT, on ne pédale pas avec les poignets.

Le seigneur, poursuivant le cantique de Thomas, fit souffler le vent violement, au point d’emporter toutes les boissons sur toutes les tables de la place d’arrivée, ce qui jeta un froid, puis laissa tomber toute la flotte évaporée par tous les participants de la course depuis une semaine et je peux vous dire que des hallebardes dans une ville médiévale, cela tombait comme à Bouvines. Dans sa clémence, le team n’a essuyé que quelques gouttes en rejoignant l’hôtel, où nous récupérons, avant, comme vous l’avez compris de relâcher un peu la bride : il ne reste que 99 km demain !!

19:26 Écrit par Thierry&Phil | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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