01/09/2012

Debriefing Haute Route 2012

Voici les quelques impressions des membres du team :

Pouvez-vous les reconnaître ?

1)

La Haute Route,
Mon objectif de l'année 2012 ...
7 mois de préparation, 7 jours de course, 7 heures par jour, 7 jours de satisfaction ... Maintenant, il me faut trouver autre chose !
Mon challenge était bien défini : rentrer chaque jour dans les délais et éviter la mise 'hors course' qui aurait permis de continuer l'aventure mais pas d'être classée 'Finisher'. Mission accomplie.
Les 3 premiers jours, nous avons dû composer avec la canicule, ce qui a bien failli me couter cher lors de l'étape Courchevel-Alpe d'Huez puisque je termine finalement quelques minutes avant le hors délais. Les autres étapes ont été, si on peut dire, plus faciles. J'avais collé sur mon vélo un petit copion avec les horaires à respecter et je 'gérais' afin de 'suffire' ! Contrairement à mes équipiers, Team de Lux devrait me verser mon salaire complet. J'ai fait mes 40 hrs/semaine !
L'ambiance, tant dans le Team de Lux International qu'au sein du Grupetto, était conviviale. 600 participants, 30 nationalités. L’anglais était la langue la plus parlée dans le peloton. Dans notre équipe on parle 2 langues, le français et le freinçais. En effet, 2 ‘stagiaires’ de ‘La Belle Province’ s’étaient joints à nous. Bons cyclistes et surtout sympas ; je crois que le coach leur donnera encore un contrat à l’occasion.

On savait que ce serait dur mais que c’était faisable.

Satisfaction !

2)

Salut Thierry, voici quelques impressions à partager avec le team! À+!

Merci encore au Team de Lux(e) pour l'invitation au voyage sur la Haute Route 2012, là où tout ne fut qu'ordre et beauté... mais peu de calme et point de volupté! En tant que deuxième addition québécoise, après Laurent LFR, je ne savais trop ce que j'apporterais à l'équipe, ni ce que j'y trouverais. Étant l'anthithèse du grimpeur, ma contribution s'est essentiellement résumée à des quatrièmes places, c'est à dire à pas grand chose! puisque seuls les trois meilleurs temps comptent! Mais peu importe, car j'y ai trouvé plein de plaisir et des co-épic-quiers charmants et déterminés : Thierry le généreux passionné, Liz la pugnace, Richard-qui-n'a-jamais-mal-aux-jambes (et aime bien imiter l'accent québécois!) et ThierryW la force tranquille.

Tout ne fut qu'ordre. Dès la première journée, la Montagne avait mis chacun à sa place et le classement restera à peu près inchangé, ce qui aura eu l'avantage qu'on n'avait plus à s'en préoccuper. Pour ma part, c'est la beauté qui m'a occuppé pour le reste de la semaine, la beauté de celle-là même qui nous avait ordonné, la Montagne. La Montagne qui régule et qui régale. J'ai trouvé fascinant de voir l'évolution des paysages depuis la Savoie jusqu'au Midi, en passant par la lunaire Bonnette.

Point de calme, même au soleil levant, avec ce flot de cyclistes se déversant sur les ptit-déj au pas cadencé réglé sur le même immuable horaire décrété par l'Organisation; point de volupté non plus, trop tôt rejeté des bras de Morphée. Nous avons payé - et bien!- pour souffrir; nous avons été -et bien!-servi! Pour moi, c'est l'étape 2, pourtant réputée la plus facile, qui m'a fait le plus mal. Peut-être justement parce que je croyais ne pas peiner ce jour-là, comme si c'était possible de grimper sans peine! Par la suite, j'ai été contraint de rouler en rando, n'ayant plus de force pour faire monter les pulsations cardiaques. Douce contrainte en fait, qui m'a permi de lever les yeux du bitume et admirer les vues. Le peu d'énergie que je pouvais dépenser à pédaler, c'est dans ces vues splendides que je la trouvais. Je crois avoir fait ma meilleure "perf" (modeste) sur la dernière étape. Je suis toujours meilleur au finish! Ça tombait bien, Thierry peinait un peu plus ce jour-là et je crois finir troisième du Team.

Au total, je suis contant d'être venu, ravi d'avoir vu. Et puis voilà. La plus-value de ma semaine, c'est ma rencontre avec cette belle équipe de dure-au-mal qui vainc la monotonie de la vie de coursier à grand coup de rigolade. Bravo au Team de Lux et "À la revoyure"!!!

3)

La dédicace du jour

À tous le personnel impliqué sur la Haute Route. Je tiens à écrire ici que l’organisation de la Haute Route a été irréprochable toute la semaine et n’a négligé aucun aspect, en premier lieu la sécurité. Je tiens à remercier du fond du coeur les milliers de bénévoles présents sur les routes des 7 étapes, sécurisant chaque carrefour pendant des heures au plein soleil. Jamais je n’ai senti ma sécurité en jeu sur la route. Je tiens à l‘écrire.

Merci aux motards, de véritables professionnels de l’encadrement de courses cyclistes. À plusieurs reprises, un motard est venu m’ouvrir la route durant une descente, encadrant ainsi les coureurs et garantissant la sécurité. Bravo.

Merci aussi à toutes celles et ceux qui nous ont accueilli chaque jour sur la ligne d’arrivée avec repas chaud, service de garde des vélos, etc. Merci aux bagagistes qui ont convoyé, chacun, pas moins de 50 tonnes de matériel durant la semaine. Sur chaque étape, dans chaque hôtel, j’ai retrouvé rapidement mon sac.

Merci enfin aux organisateurs de la Haute Route. Selon moi, vous n’avez négligé aucun aspect de la sécurité durant l‘épreuve et vous ne sauriez en aucun cas être tenus responsables de la tragédie vécue hier sur la route de Nice.

 

Carton rouge

Un gros, un très gros carton rouge à 80% du peloton de la Haute Route. Oui, vous, les coureurs (pas tous) qui étiez autour de moi. L’ambiance de la semaine était constamment plombée par une seule perspective, le classement général. Pour tout vous dire, j’ai trouvé l’ambiance moins bonne que celle des réelles courses cyclistes auxquelles je participe au Québec. Mon coéquipier Martin est parfaitement d’accord avec moi sur ce point. Ce fut la guerre sur le vélo durant toute la semaine.

Carton rouge aussi pour vos descentes, souvent totalement insensées. On me reconnaît de bonnes qualités de descendeur: pourtant, je vous ai souvent vu me doubler à des vitesses folles. Très souvent, j’ai refusé de vous suivre et de risquer ma vie. Certes, nul n’est à l’abri d’une erreur: j’en ai commis une moi-même. Il est probable que le décès du coureur soit aussi reliée à une erreur de sa part, la fatigue étant peut-être aussi responsable de cette situation.

Je ne parle pas de cela ici. Je parle de vos descentes incensées ou j’ai vu beaucoup de coureurs prendre des risques totalement inutiles.

Encore hier, dans la descente de Couillole, non, Annie dossard 66, vous n‘étiez pas en contrôle de votre descente et vous avez pris des risques totalement insensés pour grapiller quelques places au général. Vous n‘étiez absolument pas en contrôle de votre descente et j’ai refusé de vous suivre pour cette raison.

Dans ce contexte, c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu davantage de blessés graves cette semaine…

Trois suggestions

Je me permets trois suggestions à l’attention des organisateurs de la Haute Route en prévision de l’an prochain:

1 – abolir le chronométrage lors des descentes. Les coureurs ne sont tout simplement pas assez raisonnables. Pourquoi ne pas chronométrer que les ascensions? Le système est en place et fonctionnait bien cette année, les temps de chaque ascension ayant été enregistrés. Stoppez le chrono en haut des cols et insistez pour faire comprendre aux coureurs que descendre à tombeau ouvert ou en s’arrêtant prendre une glace n’aura strictement aucun impact sur le classement général. La Marmotte stoppe le chrono dans la descente du Glandon depuis qu’il y a eu un mort à cet endroit et c’est une excellente initiative selon moi.

2 – insistez auprès des villes-étape sur les besoins et l’horaire des coureurs. Risoul et Auron, en particulier, n‘étaient pas prêtes à sustenter l’appétit de 600 coureurs débarquant à 19h15 précises dans les restaurants. L’attente fut parfois interminable. Certains restaurateurs ont eu l’honnêteté de s’excuser auprès de nous, évoquant des problèmes de personnel ou de ravitaillement. Certains nous ont avoué être totalement débordés par la situation.

3 – réduisez la durée des briefings chaque soir à 18h. Est-il bien utile de passer toute l‘étape en revue? Ca fait des mois que chaque coureur étudie en détail le parcours! Allez à l’essentiel et libérez les coureurs pour maximiser leur temps de récupération. Les briefings étaient vraiment beaucoup trop longs.

Épilogue

Voilà, après des mois à en rêver, à la préparer, à s’entrainer, l’aventure “Haute Route” est terminée pour moi. Cette aventure se termine malheureusement sur une bien mauvaise note et je penserai à ce coureur pour le restant de mes jours. Je ne serai plus le même cycliste non plus.

Je tiens à remercier tous les lecteurs de ce site depuis une dizaine de jours. Merci de m’avoir suivi sur la Haute Route, en espérant que mes reportages vous auront plu. Merci à ceux qui m’ont écrit et laissé des encouragements, ils ont été d’une aide inestimable au cours de la semaine.

La Haute Route est un défi incroyable, une aventure physique et mentale aux frontières de nos capacités. C’est une très difficile et très belle épreuve que je recommande. Si vous vous lancez dans l’aventure au cours des prochaines années, je vous implore cependant de le faire avec conscience et raison. La Haute Route comporte de nombreux dangers que les organisateurs s’efforcent admirablement bien à minimiser. Le plus grand danger, c’est sans aucun doute vous et votre envie de “faire une place” ou “faire un temps” pour impressionner vos petits copains. Sachez résister à cela, votre vie est en jeu.

 

4)

La Haute Route …

En fait, c’est la course … du matin au soir et même pour certains du soir au matin.

Réveil 5.30 hrs ; déjeuner à 6.00 hrs ; popo 1, 2, … ; vérifier la pression des pneus 28 à 30 minutes avant le départ ( très important ! ) ; sur la ligne à 07.00 hrs et départ à 07.30 hrs.

Ouf on va être un peu tranquille et on va pouvoir pédaler. Comme dirait Willy, à chaque coup de pédale, on avance. Alors on pousse fort, pour avancer plus vite, pour dépasser les autres, pour se dépasser soi-même ou parfois pour simplement en avoir fini plus vite … marre du vélo ! Faisons autre chose de plus tranquille … Souffler un peu, attendre celui et celle qui, eux, aiment le vélo et font donc durer le plaisir !, manger, petite douche, Compex, petite sieste, débriefing ( et blog pour Thierry ! ), remanger, préparer les vêtements, dossards, bidons pour le lendemain, lire les conseils de Zic et les commentaires de Willy-Les-Bons-Tuyaux … Tout cela entre, disons 15.00 hrs et 21.00 hrs. Crevé ! Encore heureux que la RTBF n’était pas là, on aurait encore été obligé de passer sur le plateau de ‘à Bicyclette’ ). On dort et on rêve de vélo ( de Gilbert ou de Schleck pour l‘inculte, de Coppi, Bartali et Merckx pour l’autre !)

Tout cela, X 7. Marre du vélo … on rentre à la maison … crevé, mais content. Un beau challenge, une bonne ambiance, des équipiers sympas.

On roule jeudi ? On va rouler où le week-end prochain ? Tu vas à la Ronde Picarde ? Et le contre-la-montre, et …, et …, et puis il faut qu’on s’entraine sérieusement pour la Cape Epic, et …

Engagez-vous … Ce sont des vacances … il (*) disait !

(*) : fan de Coppi, Bartali et Merckx, habite St-Hubert et ne se ménage jamais sur son Merckx.

 

5)

La plus haute et la plus difficile des cyclosportives : oui la pub n’était pas mensongère.

L’année précédente, une version plus cool m’avait vu me traîner sur les pentes, surcharge pondérale et abcès dentaire ne faisait pas bon ménage avec course et montagne.

Cette année, j’étais affuté et bienheureux. Certes, on peut toujours trouver des petits détails pour expliquer (mal dormi, trop mangé, …), mais à peu de choses près, j’étais à ma place. Dans les etc et le ventre mou du peloton.

Outre les fabuleux paysages, tous ces cols mythiques, et la montée de l’Alpe, comme les pros (mais moins vite), je retiendrais surtout cette descente des Saisies et cette montée de Risoul avec Flying Riccardo, Cette rencontre avec les cousins québécois (le vélo c'est "connecting people")  et puis toutes ces choses qui ont rempli cette semaine. J’essayais de trouver la plus belle ascension, la plus belle descente, mais impossible d’en retirer une du lot.

Grosse fatigue au retour car il est vrai qu’ on ne peut souffler qu’à 2 moments de la journée, quand on entre dans le sas le matin avant le départ (cela dure 20 minutes) et quand on se couche pour dormir (moins de 5 minutes) le reste du temps, c’est la COURSE…..

Le retour à la réalité demeurera la chose la plus ardue.

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18:13 Écrit par Thierry&Phil | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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