29/08/2011

ETAPE 7 AURON-NICE

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Hier soir à Auron, la pasta-party commençait déjà  à donner des frissons ; Une odeur de dernière représentation. Les tenues de la Haute Route soldées, les remerciements à tous les acteurs de cette énorme organisation remuaient d’étranges sensations. Bien sûr, le dernier briefing n’inquiétait plus personne, un col, pas trop pointu, une longue descente, des  conditions climatiques  favorables et même du vent dans le dos pour les derniers km mais une certaine tristesse commençait à poindre.

Pratiquement, on apprenait que le départ se faisait à Saint Etienne, soit 8 km plus bas que cette petite station. Soit la vie en hôtel durant cette semaine nous aura coûté 45 km de liaison supplémentaire entre la ligne d’arrivée, le pieu, puis la ligne de départ. Seul le CLM se trouvait au pied quand on avait eu besoin ce jour-là de 15 km d’échauffement.

Petite nuit dans cette hôtel old style avec petit déjeuner en face des pistes de ski, remise des sacs où on remarque des planches de ski en réclame  accrochées au sac d’un des leaders du classement duo en prévision de l’hiver prochain. Puis on prend la route vers le départ par groupes, il fait froid et pourtant nous sommes bien dans le sud, c’est assez paradoxal. Sur la ligne de départ, on caille malgré les gilets et les manchettes, c’est un temps d’automne et cela nous ne nous réjouit qu’à moitié. La plupart des discussions portent sur les prochains objectifs ; dernières cyclos en montagnes, les bosses du 13, la ronde picarde (dans le style plat de plat) mais tous se disent qu’en 2012, en août , une semaine sera gardée de côté.

Nous partons ce jour avec Stephen Roche comme invité du jour,

 

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30 km de descente neutralisée dans des gorges non encore illuminées de soleil et donc aussi froides, mon cardio m’indique une fréquence cardiaque en chute libre, mes doigts s’engourdissent, comme un début d’hibernation. Après une heure à ce rythme, carrefour à gauche, petites rampes, deux tunnels et c’est parti : les lapins enclenchent la vitesse vv’, le peloton s’étire quand je stoppe à droite pour ôter mes pelures et prendre mon premier ravito. Nous sommes dans le col de Saint Martin qui nous prendra une petite heure pour escalader ses 16 km. Au sommet, dernier ravito où je m’arrête pour remercier chaleureusement ces bénévoles, et marquer ce tout dernier col comme les précédents puis on s’engage dans une fabuleuse descente, d’abord sans donner un coup de pédale puis doucement la machine à mouliner se met en marche. Au bout d’un bon bout droit je reconnais à l’horizon, des couleurs et un style connus, c’est Martin. Il a chu dans les premiers km de la descente et s’est éraflé à sang son bras et sa cuisse gauche, sa main droite, le casque est fendu. Pour éviter une voiture d’un accompagnant qui freinait inopinément, il a tenté de passer à droite et sa roue avant a pris un trou avec éclatement immédiat. Par chance, la voiture jaune Mavic passait par là et Martin et son vélo bénéficièrent  des premiers soins. Ainsi donc, ma descente pépère se transforme en trophée Barachi, soit un CLM à deux de 50 km. Mes pulsations remontent comme si je grimpais un col et les douleurs de Martin cèdent un peu. C’est sa troisième crevaison le dernier jour dans une cyclo par étape et on peut dire que le col porte bien son nom, baptisé par son propre sang. Je ne peux parler des paysages vu la vitesse acquise, nous avons repris et perdu plus de 10 concurrents qui n’auront  su s’accrocher. On passe ainsi la ligne d’arrivée au bord d’une grande route et d’un zoning industriel. Francis nous attend, il a gagné le sprint d’un peloton de quinze il y a 10 minutes et Martin et moi serons donc deux minutes plus tard et 3 places derrière lui.

Nous serons finishers et regagnerons Vence par 12 km de liaison pour recevoir le polo et la médaille.

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 Un long faux-plat, entre des villages perchés comme Gattière pour atteindre la place centrale, c’est bien dommage que la course ne se soit terminée ici. Il fait 40°Le soleil brille,

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 les vieilles mémères friquées sont de sortie pour voir ces bo sportifs en tenue moulante qui prennent d’assaut les terrasses aux alentours. A 14.00, le dernier convoi se forme et sous l’escorte des flics et des marchals, nous nous dirigeons, à allure sénatoriale, vers la promenade des anglais au cœur de Nice.

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Pas de feux rouges, peu de danger, cela nous permet de nous mêler pour la dernière  fois, d’échanger cette agréable sensation de « l’avoir fait ».

 

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La ligne d’arrivée franchie, ce sont les accolades, les baisers, la fête et …le bordel à la française. Bien sûr, on plonge dans la grande bleue, puis on récupère les sacs, puis on démonte les vélos,

 

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 puis on tente de prendre une douche, mais à 250, cela bouchonne un peu. Dernière cérémonie protocolaire sur la ligne et on se dirige vers le château en surplomb de la plage pour participer au dernier repas avec sono et vidéos de la semaine en boucle. C’est l’occasion de prendre congés des potes et amies croisés, d’échanger les adresses. Je reverrai ainsi ce niçois qui était tombé au pied de Vars, et qui n’a rien cassé ! Repas délicieux, loin des pâtes habituelles avec enfin du vin et un petit café accompagné de mignardises. 21.30 Après les dernières photos, direction le bus  où de nouveau cela coince, entre les valises rigides, les housses et les vélos non protégés que l’on essaie de bourrer dans une remorque trop petite. Un peu dommage comme image de fin et pas à la hauteur de l’organisation. C’est en priant pour nos bécanes que nous montons dans le bus pour l’avant dernière étape : rejoindre Genève. Nous aurons deux heures de retard pour retrouver nos petites voitures sous le soleil suisse.

 

 

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22:31 Écrit par Thierry&Phil | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

félicitations à vous 3 pour votre semaine et quel bonheur de vous lire un petit verre à la main plutôt que dans le rôle de grimpeur / co-commentateur. Je remarque que le seigneur de la route s'est un peu laissé aller sans son coek de la transalp qui le pousse aux fesses :)

Écrit par : phil | 30/08/2011

Salut les amis,

C'est un grand plaisir de vous lire et d'avoir partagé cette semaine avec vous. 1ère épreuve par étape pour moi et ce fut une réussite à tout point vue, physique et humaine ...
J'espère que nous aurons l'occasion de remettre cela sur la transalp ou ailleurs

@ bientôt

Écrit par : PhilM | 02/09/2011

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