15/08/2007

le mot de la fin du co-équipier

Comment résumer une épreuve aussi ouf que la Transalp ?  Carsten, mon pote allemand, m’avait proposé de la faire avec lui l’année dernière, proposition que j’avais déclinée à l’époque ( non sans un intérêt certain ), car ce n’est pas une décision que l’on prend à la légère (même si ….autour d’un bon verre de vin) et qui demande un investissement important. La petite bête ayant trottée dans ma tête pendant 12 mois, je me suis décidé pour y participer cette année.  1er décembre 2006 à 12 h : inscription en ligne, les 250 premiers (donc 500 coureurs puisque cela se court à 2)  étant sélectionnés, les 250 autres l’étant par tirage au sort le 15 février 2007.  Petit mail de Thierry le 30 novembre : Phil pourrais tu également m’inscrire ainsi que Marcel ? Me voilà donc  à inscrire 2 équipes. Prévoyant le coup et afin de ne pas perdre trop de temps à inscrire une première puis une deuxième équipe, on fait l’inscription en ligne à 2 avec un autre ami allemand (au téléphone). Dès 11h 57, mon doigt écrase la touche enter, mais l’accès est tjs bloqué. 11h59 let’s go, 3 pages d’inscription à remplir et grâce à mes cours de dactylo quand j’étais ket, le tout est bouclé en 3 minutes.  Ich  bin daarbei ! Pour thierry et marcel, c’est plus pénible, mon ami allemand n’ayant pas suivi de cours de dactylo, il reste bloqué sur la dernière page ( au moment où les 250 inscriptions sont enregistrées). Keine chance. Je propose alors à Thierry que l’on fasse équipe ensemble et nous voilà embarqué pour une longue aventure.  Après 8 mois d’entrainements en solitaire, via un coaching par internet et à contre courant des méthodes old school  d’entrainement,  en suivant scrupuleusement mon plan ( 4 entrainements par semaine, en privilégiant la qualité à la quantité, donc entrainements courts mais très intensifs), j’ai tout fait pour être prêt pour relever ce défi ( du moins je l’espèrais), la grande inconnue étant de rouler l’équivalent de 7 cyclosportives en 7 jours, moi qui n’en avais jamais fait deux 2 jours de suite.  Je me suis entrainé au total 280 heures, 240 sur le vélo et 40 h d’autres sport ( ski principalement), soit 10 heures de plus que mon planning !  et ai parcouru 5.900 kilomètres, le tout en effectuant 2 tests sérieux, les 3 ballons ( la petite distance) et la flèche de wallone ( longue distance).  Au niveau de l’entrainement pour la transalp, à postériori, je ne changerais pas grand-chose, sauf peut-être  insérer 3  long w-e en montagne pour (mieux)  se préparer à grimper les longs cols. 

Mon co-équipier.

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  Que dire du seigneur de la route que vous ne savez déjà ? 1) le seigneur de la route ne se retourne jamais : tous les jours le même rituel au départ   : 7,6,5,4, …1 Start et voilà notre thierry parti le nez dans le guidon , son coéquipier s’agrippant tant bien que mal à sa roue en essayant de rester scotché le + longtemps possible. Ce que j’ai vu le plus pendant cette semaine, en dehors des paysages magnifiques, c’est le postérieur de Thierry. 2) le seigneur de la route a une position sur son vélo et un déhanchement caractéristique.Quand l’adhésif entre nos 2 roues rendait l’âme ( c.-à-d. assez rapidement), j’essayais de garder un contact visuel avec mon coéquipier le plus longtemps possible  et je n’avais aucun mal à le reconnaitre au loin  dans les pelotons qui nous précédaient 3) le seigneur de la route est un vrai coursier et ne connait pas le mot « gérer », ni la notion d’étape de transition Chaque soir après l’épreuve c’était la même rengaine : Thierry on essaye de gérer demain sinon on risque de passer par la fenêtre. Oui Phil. Le matin au petit déjeuner : rebelote : thierry il va falloir gérer aujourd’hui. Oui Phil.  Sur la ligne de départ, idem, petit rappel à Thierry , 7, 6, 5….1 start et voilà notre lapin parti faisant fi de tout briefing.  Le soir : Phil tu as raison : on va gérer demain et devinez ce qui ce passe le lendemain après avoir passé la ligne de départ ……. et oui, notre lièvre liégeois naturalisé TDL prend de nouveau la poudre d’escampette laissant scotché sur la ligne de départ son sympathique coéquipier gaumais  ( pas nécessaire de vous rappeler l’expression bien connue : têtu comme un ardennais et sympa comme un gaumais…..)  José, avais tu briefé ton poulain avant le départ ? lui avais tu expliqué que l’on ne sprinte pas 300 M avant un ravito ?  ni que cela ne servait à rien de faire la course tant que les départs sont neutralisés.  4) le seigneur de la route boit un W Cup par heure  Imaginez  le magasin ambulant de W-Cup sur une étape de 7 H !   Et combien il en a bu sur les 34 h de course…..   5) le seigneur de la route est un dur à l’effort Sa devise : a donf du début à la fin, sans jamais rien lâcher, avec une force et une volonté  hors du commun pour repousser ses limites. Je l’ai vu baver le dernier jour dans les dernières montées, il était blanc et plus que limite mais chaque fois que je me retournais, il était toujours là, ne voulant rien lâcher, s’accrochant centimètre par centimètre.  Je pensais être meilleur en montée que lui mais sur toute la semaine, c’est lui qui remporte le maillot à poids rouge, sa volonté et son jusqu’au boutisme ayant fait la différence sur l’écureuil. Chapeau.    6) le seigneur de la route prépare minutieusement ses étapes et ne laisse rien au hasard.   En plus du profil de chaque étape collé sur son frigo depuis 6 mois et de la photo des lacets du Stelvio sur sa table de nuit

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,  nous avons eu droit chaque soir pendant la transalp à une analyse détaillée de l’étape du lendemain , analyse que thierry avait soigneusement préparé à la maison avec profil de chaque col (km par km et % ) ainsi que le profil de toute l’étape plastifié que nous collions chaque matin sur le cadre de nos montures. En plus d’une valise pharmaceutique pesant aussi lourd que 5 vélos, thierry avait également emmené un deuxième vélo (au cas où) ainsi qu’une paire de roue de réserve.   7) le seigneur de la route est un pro de la récup  A l’arrivée de chaque étape, le même rituel, litres d’eau, protéines, compex, massages….  8) le seigneur de la route est une encyclopédie ( roulante) du vélo il peut vous citer sans problèmes qui est passé en tête de tel col il y a 20 ans !

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 En conclusion, le seigneur de la route a raté sa profession : c’est un vrai pro de chez pro, ne laissant rien au hasard, à croire qu’il est né sur un vélo. 

 Sur la Transalp :  Que dire de plus que Thierry n’a déjà dit, il s’agit d’un évènement exceptionnel, d’une super organisation, d’un parcours et des paysages magnifiques.  Pendant une semaine, on a participé à ce que l’on avait rêvé quand nous étions enfants en regardant le tour de France.  Au niveau de la course, notre objectif était tout d’abord de terminer et d’arriver sain  et sauf à Riva. On a été, dès le premier jour, pris au jeu de la course et cela n’a pas été une promenade de santé, mais une cyclosportive chaque jour. Bien que cela a été très dur, on s’est étonné de nos facultés à récupérer et on a terminé aussi fort que l’on avait commencé. On s’est également étonné à effectuer des moyennes dont on n’aurait pu que rêver avant le départ.  Aucun bobo, aucun coup de barre, une super ambiance dans l’équipe, un temps juste ce qu’il faut, que fallait il rêver de plus ?  Sur 600 équipes ( donc 1200 participants), on termine 68 ème dans notre catégorie (sur 183) et 224 ( sur 600) au général, résultat plus qu’honorable vu le niveau très relevé de l’épreuve.  Je pense que Thierry était intrinsèquement le meilleur de l’équipe,  sa volonté de fer le transformant en bon grimpeur, son excédent de poids ( !) en excellent descendeur et sur le plat en peloton en véritable anguille. De mon côté, j’ai peut être trop géré ( surtout dans les cols), mes descentes ont été catastrophiques ( j’étais dépassé en moyenne par 75 cyclistes lors des descentes et je crois  que mon record a été d’en dépasser 3) et il m’a fallu cravacher au bas de chaque descente pour essayer de rattraper les pelotons. Mais globalement on s’est surpassé bien que je suis convaincu que si j’avais pu enfiler les descentes comme Thierry, on aurait gagner au une heure au final.   Spéciale dédicace : En tout premier lieu à Katrien ma tendre moitié depuis 25 ans qui  a accepté que je me lance dans ce défi et qui m’a soutenu pendant ces longs mois d’entrainements sans la moindre critique et qui avait encore le courage de me préparer mes petits plats spécial coureur  le soir à 22 h quand je rentrais de l’entrainement,  ainsi qu’à mes petits amours Ophélie et Gilles qui se sont demandés pendant 6 mois si leur papa n’avait pas changé de métier.  À mon coéquipier, Thierry, tu m’en a fait bavé dans ta roue mais on a vraiment formé une super équipe et passé une semaine formidable. A notre directeur sportif  Françis qui par son aide, son soutien, sa bonne humeur a transformé ce défi sportif en semaine au club med  (enfin presque!) 

To Carsten and Martin from the Carma Team, we spent a great week with you and altough you beat us in the end, we will be back to challenge you again !  

 À mes potes Christian et René qui m’ont transmis le virus des cyclosportives et qui n’ont pas cessé de m’encourager (et koé mon poulet !) pour relever ce défi. Vous pouvez être fier de votre poulet de 6 semaines. A tous les membres du TDL et à nos familles  pour leurs messages sur le blog et par SMS. Cela nous faisait chaud au cœur de vous lire et nous faisait oublier la difficulté des étapes. Big up à Audio bullys, Akhenaton, Passi, Ménélik, le 113, Mélanie (dans ma bulle), doc G, Chiens de Paille, Iam , à tous ces groupes qui ont rythmés  mes sorties d’entrainement en solitaire ainsi que mes ascensions de cols lors de la Transalp.  Pas besoin de transfusions sanguines, d’EPO,   mon doping à moi, c’est ma musique. Hip Hop for life.  

21:03 Écrit par Thierry&Phil dans Algemeen | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

chacun son truc, pour me déchirer c'est Guns & Rose, Nirvana, ZZ TOP, Led Zep, Marilyn Manson, sex pistols, nickelback...
@ bientôt les amis et ko bravo.

Écrit par : bepostal | 17/08/2007

mooi geschreven Phil echt waar!!!! volgende keer komen de VdS'kes, als ze kunnen, mee met Katrien
ik denk dat den Eddy een klein beetje jaloers is

Écrit par : ann | 11/09/2007

Les commentaires sont fermés.