02/07/2007

7ième étape : Kaltern-Riva del Garda

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Me croirez-vous si je vous dis que, comme tous les jours, mais c'est la dernière fois, il a plu la nuit ; ma casquette EM qui a passé la nuit sur le gazon, emportée là par le vent,  en est témoin et je devrais la sècher au sèche-cheveux avant de l'honorer

 

Me croirez-vous si je vous dis que, comme tous les jours, mais c'est la dernière fois, le soleil fait son apparition à notre lever et nous tiendra compagnie la journée durant.

 

Je suis un peu stressé, sans raison bien précise, peur de mettre un bémol à cette semaine hors du comun ? Quoi qu'il en soit, comme tous les jours, mais... on gagne la salle à manger déjà pleine de couples de cyclos et d'une bande de vieux americains se balladant également à bicyclette dans la région. Le repas terminé, Francis sort le grand jeu, devant l'entrée de l'hôtel, au milieu du parking, il a mis le pied à vélo et asticote nos deux bécanes, nettoie les chaînes, regonfle les pneumatiques. Les occupants de l'hôtel en sont subjugués. Les vélos seront tellement bien simonisés que l'on aura des difficultés à coller le profil de l'étape sur le cadre.

 

Ce jour, nous enfilons la tenue TDL superlight, cuissards blinquants, socquettes propres ; c'est la tenue de gala. L'étape comporte deux cols et cent km. Au briefing, nous avons décidé de brûler les deux ravitos, d'aller tôt dans le sas de départ afin d'être bien placé, bref mettre toutes les chances de bien faire.

 

Comme tous les jours, mais c'est le dernier, je lance  : "one six six" (notre numéro) à l'hôtesse qui surveille l'entrée du sas C. Me répondant par l'affirmative, comme tous les jours, je lui souhaite une bonne journée. Me souhaitant de même, comme tous les jours, je lui réponds que je l'espère bien mais c'est la dernière fois. Nos amis du team Carma sont dans le bloc B, ils en sont bien aise.

 

Après le briefing habituel qui nous apprend que les cinq premiers km sont neutralisés, les hymnes habituels, le décompte et le coups de pistolet, les sas s'élancent l'un après l'autre et comme souvent, nous passerons sur le tapis à 9H 07, c'est ça aussi l'organisation allemande.

 

La course démarre rapidement, les cinqs premières bornes, neutralisées, en descente, sont vite englouties et il reste trentes plates bornes pour être au pied du premier col. Nous y serons avec une moyenne de 43,5 !!! pas sans mal pour nous qui avons cravaché pour être dans le premier tiers du peloton, en vue de la voiture de tête. Heureusement car nous apprendrons plus tard que le dernier tiers a été bloqué à un passage à niveau.

 

Et là, dès les premières rampes, je me rends bien compte que l'on n'est pas à notre place. Il s'agit d'un col de 16 pions dont les dix premiers sont à 7%. Je toxine à mort, mes puls font 10 de plus que dans le Stelvio pendant que Phil semble suivre sans problème ce bon train. Je m'accroche bec et ongle, ahane,  alterne danseuse et moulinage, dans le rouge quand Phil écoute son MP3 sans essouflements apparent. Voyant un couple mixte devant nous où l'homme pousse l'épouse, il lui prend de venir mettre sa main dans mon dos. "Touche moi pas!!" lui hurle je dans un francais approximatif ; ce sera notre seul heurt de la semaine, je n'ai pas compris sa mimique et ne supporte pas de main étrangère sur mon dos, dans une côte. De dépit, je prends le côté gauche de la chaussée, laissant le Phil, interloqué, sur le bord droit, il en sera ainsi durant deux bornes.

La fin du col étant plus aisée, on relance les mécaniques et basculons dans la descente.

 

Nous avons opté pour une étape commune et j'userais un peu plus les patins pour repartir de plus belle en bas, ensemble. Nous trouvons un bon groupe de rouleurs et arriverons ainsi au km 75, le pied du dernier col (enfin ? déjà!). De nouveau une vive souffrance prend le dessus... de mes cuisses, mais on avait dit que. On tient ainsi la première moitié du groupe, l'autre se disloquant au grè des virages et rampes, Phil mène le groupe (il faudra que je lui demande de me faire écouter la musique qui braille à ses oreilles). Nous arrivons ainsi au Passo del Balino, à quinze km de pente favorable de Riva. Au sommet, entouré de rien, tous les membres du groupe ne peuvent s'empêcher de lever les bras au ciel. Pour ma part, c'est un cri primal, venant du plus profond de mes muscles endoloris qui s'échappe de ma bouche haletante. Nous entrons dans le sud, instantanément, plus de pin mais des oliviers, plus de bruits de torrent mais des cigales et au fond , apparaît de plus en plus clairement la terre promise, enfin le lac de Garde.

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Les organisateurs ont eu la bonne idée de placer l'arrivée officielle à l'entrée de Riva sur une petite route, nous la franchissons avec une moyenne avoisinant les 31, pour 1800 de déni, on peut s'estimer l'un l'autre et heureux.

On coule ainsi doucement jusqu'au centre de la ville, au bord du lac, pour passer main dans la main la ligne fictive, le bitume présentant des trous plusieures équipes se gamelleront en en faisant de même.

 

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Plus de malto, mais du mousseux. Plus de Saint-yorre mais de la bière, plus d'étirement mais des congratulations. On en oubliera l'essentiel, sauter dans le lac, geste que Phil attendait depuis une semaine.

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Direction l'hôtel où nous plongerons dans la piscine, mais cela n'aura pas le même charme.

 

De retour à 18H00 sur l'aire d'arrivée nous participerons à notre dernière pasta-party avec le team Carma, dernier repas où le francais se mélangeait joliment avec l'allemand, l'anglais et un peu d'italien dans de nombreuses rigolades.

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Nous assisterons alors à la cérémonie protocolaire et après avoir appalaudi les vainqueurs, le staff organisateur

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, tous les arrivants seront appelés sur le podium pour recevoir le tant attendu maillot de "finisher 2007" accompagné de la médaille. Photos photos puis le mobile de Phil sonne. C'est Katrien et ses enfants qui sont enfin arrivés, avec de la Rochefort et un drapeau belge.... mais on a plus très soif et il fait déjà noir.

 

Après de longues accolades, nous quittons nos amis teutons tout en les engageant  à participer les autres fois sous le nom de TDL (2-tout de même), ils en ont les qualités. Nous rejoignons l'hôtel pour cloturer la semaine en privé. Nous devons partir tôt le lendemain et il sera difficile de s'endormir, la sono de la soirée raisonnant jusqu'à nos chambres jusqu'à des heures indues.

18:02 Écrit par Thierry&Phil dans Algemeen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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